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Pomme Planète           Ours polaire

Chronique Humeur Environnement/EnR

Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr

16/04/07

 La maison des 3 petits cochons
 

La maison des trois petits cochons fait partie de notre imaginaire collectif et participe, dans une certaine mesure, de la mythologie moderne, chère à Roland BARTHES.

N’ayons pas peur des mots ! Cette histoire enfantine sous-tend bon nombre de représentations symboliques relatives à notre perception de l’habitat. L’une des leçons de ce conte du 18ème siècle est évidemment qu’il faudrait construire sa vie sur des bases solides, afin de se mettre à l’abri des dangers possibles. Que faire, en effet, si le Grand méchant loup, symbole du pire, venait à s’en prendre à notre abri, notre foyer ? Autant prendre les devants…

C’est le principe qu’appliquèrent nos aïeux depuis la nuit des temps et, de surcroît, lorsque de nomades ils devinrent sédentaires. Construire un logis solide, pour mettre les siens à l’abri. Un terrier accueillant et rassurant à léguer aux descendants. Dernièrement, les Trente Glorieuses ont imposé l’idéal du « faire construire ».

Mais, le loup n’était pas loin. A l’affût. Il n’a pas tardé à contre-attaquer, avec une stratégie redoutable : industrialisation des matériaux et des équipements, complexification des méthodes et des outils, spécialisation des savoirs. Très vite, le bâtiment est devenu une affaire de « professionnels » et la maison, produit de consommation.
 
Maintenant, les artisans s’adaptent ou meurent. Les survivants sont libres. Libres de participer aux circuits consuméristes ou de disparaître : pris entre fabricants et distributeurs en amont, spéculateurs immobiliers et constructeurs en aval.

Les plus chanceux triment 15 heures par jour et jouissent ainsi d’une indépendance relative ; les autres s’étiolent dans la sous-traitance.

L’idéal des compagnons ? Le « bel ouvrage » ? Bien loin. Oubliés. Sacrifiés.

Le loup nous fait prendre des vessies pour des lanternes. « La propriété, c’est le vol » proclamait Proudhon. Détournée de son sens premier, la formule peut être recyclée : acheter une maison c’est, en effet, se faire voler. Par l’industriel qui fournit des matériaux de médiocre qualité à des prix indécents ; par le constructeur qui livre de futures ruines mal conçues, dangereuses et polluantes ; par le financier qui ponctionne des intérêts sur une facture déjà bien salée. La plus-value qu’un homme pouvait apporter à son ouvrage a été confisquée.

Une maison était une chose simple : quatre murs, un toit, un foyer pour l’hiver. Le loup en a fait une chose très compliquée. Et très chère.

Mais ne nous y trompons pas : la maison la plus solide et la plus sûre n’est pas forcément celle qu’on croit. Par maison en brique, entendons un sens imagé, celui de maison industrielle et opposons-lui une autre image, celle de la maison en paille ou maison simple. Les enseignements du conte deviennent alors tout autre.

Cette maison en paille, n’est pas forcément en paille. Elle peut-être en brique, mais en brique de terre crue. Elle peut aussi être construite en pisé, en bois, en pierre, en torchis. Et… aussi en paille !

Elément essentiel : c’est une maison, TOUT SIMPLEMENT !

Les grandes compagnies de gestion des eaux et leurs centrales d’épuration ne peuvent, par exemple, rien opposer au principe des toilettes sèches…
 
Le loup a horreur de la simplicité car il ne peut rien contre elle.








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