Archives Pomme Planète
Pomme Planète 2
par stephane dans Archives Pomme Planète
Billet humeur & environnement
Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr
10/06/05
Journée mondiale des océans et séquestration du CO²
Ce CO² qui s’échappe de nos usines et de nos centrales thermiques, pourquoi ne pas le capturer, le stocker ? Le cacher…
Impensable ? Pas autant que cela pourrait le paraître. La séquestration du CO² est sujet de recherche appliquée depuis la fin des années 70. Les techniques de capture existent, celles de stockage aussi. Certains mauvais esprits (dont je suis, évidemment) diront que les premières consomment de l’énergie à outrance, et que les deuxièmes sont à hauts risques environnementaux.
Mais qu’importe ! L’IEA (International Energy Agency) et la Communauté européenne y vont chacune de leur programme : Greenhouse Gas pour l’une, Castor pour l’autre.
Il existe pourtant d’autres voies pour limiter l’effet de serre : maîtrise de l’énergie ; production d’énergie à moindre émission de CO² (EnR et - soyons honnête - nucléaire, mais l’on sait, pour cette dernière technique, le prix de la facture pour les générations futures).
Mais revenons au ” Castor ” dans sa ” Greenhouse “…
Il faut se le tenir pour dit : on nous propose de continuer à consommer comme des brutes et de stocker nos déchets carboniques là où nous pourrons les contenir. Comme un enfant dissimulerait ses bêtises. En clair : réduisons l’effet de serre en créant des poches sub-océaniques de CO² liquide et des réservoirs géologiques de la taille du lac Léman. Ils contiendront, paraît-il, le CO² pour des siècles…
Ecosystèmes sous-marins asphyxiés ? Pertes d’étanchéité des réservoirs et fuites éventuelles de gaz carbonique hyper-concentré ? En un mot, impact environnemental désastreux ? Quelques détails à gérer, sans doute. Comme nous gérerons les déchets nucléaires… Plus tard, les mêmes tenteront de désamorcer ces bombes à retardement.
Là encore ce sont les Etats-Unis, avec leurs 20 tonnes de CO² par an et par habitant (1.5 tonnes pour un indien), qui nous dictent leur ” way of life “. Croissance à outrance, consommation sans conscience. La rivière inonde le village ? Peu importe !
Construisons une digue plus haute plutôt que de déplacer le village. Et attendons la prochaine crue… Nez dans le guidon et ras-la-gueule à n’en avoir que faire de la suite. Après nous, la bombe à CO², ça vaut bien l’irradiation ou les mutations nucléaires.
Mais le 8 juin, c’était la Journée Mondiale des Océans, la JMJ des baleines, du plancton et de l’eau salée non carbonatée…
Pomme Planète 3
par stephane dans Archives Pomme Planète
Billet humeur & environnement
Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr
31/07/05
Enfin un partage équitable du nucléaire ! L’énergie pour l’Europe , la radioactivité pour l’Afrique.
On se souvient de cette fameuse scène de ” Mélodie en sous-sol ” où Gabin et le ” môme ” Delon assistent impuissants, au fiasco de leur association de malfaiteurs. C’est le dénouement tragi-comique d’un hold-up réussi jusque-là. Jusqu’à la descente de police au bord de la piscine du célèbre hôtel ; jusqu’à l’inéluctable et régulière remontée des billets de banque s’échappant des sacs. Des sacs que le ” môme ” Delon avait cru bon de plonger au fond du bassin avant l’arrivée des flics.
Tous deux assis sur la terrasse, face au bassin, Gabin d’un côté, Delon de l’autre, un mélange de dépit et de rage contenue se devine derrière les verres fumés de leurs lunettes noires. Mais pas de solution. Ils restent stoïques devant le spectacle de leur larcin s’accumulant et flottant mollement sur l’eau chlorée. Tant de rêves en fumée !
En Somalie, on ne rêve pas, ou bien si l’on rêve, il s’agit d’un cauchemar. Un cauchemar qui émerge à la surface de l’eau, sur les côtes de l’océan indien fraîchement tsunamisé. Et l’eau est loin d’être chlorée…
Des conteneurs entiers chargés de déchets radioactifs avaient été stockés là, tout au fond, bien planqués, bien illégalement, par les belles entreprises nucléaires de nos belles nations européennes. On avait profité du désordre des guérillas des années 80 et 90 pour faire nos sales besognes. Pas d’autorité légitime et organisée donc pas de contrôle, la belle occase !
Le bon business ? Il faut préciser qu’une tonne de déchets radioactifs ainsi ” traitée ” - mais peut-on vraiment parler de traitement ? - coûte 100 fois moins cher qu’un stockage à La Hague… Pas de petites économies dans le nucléaire.
Sans le Tsunami, rien n’aurait transparu. Mais les courants marins et les vents ont décidé de tout mettre au grand jour. Les conteneurs flottent, maintenant, mollement, eux aussi, dans un état d’usure avancée, à quelques brasses des côtes.
Dommage, vraiment dommage, pour les populations locales : problèmes pulmonaires graves, infections de la peau.
Dommage, vraiment dommage, pour la faune aquatique : poissons aveugles, tortues folles, etc…
Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a décidé de mener une enquête approfondie : cf.http://www.unep.org/tsunami/reports/TSUNAMI_report_complete.pdf). Je suis certain que les somaliens sont enchantés et soulagés…
Au Niger, non plus, on ne rêve pas. Autre cauchemar, avec AREVA (FRAMATOME, pour les intimes) comme personnage principal. La firme est accusée, par deux associations françaises (Sherpa et CRII-Rad, Commission de recherche indépendante sur la radioactivité), de contaminer la population locale.
L’eau a été analysée ; elle présente des taux de radioactivité supérieurs aux normes de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Les critères de potabilité ne sont pas respectés sur les villes d’Arlit et Akokan. La Somaïr et la Cominak, les deux filiales d’exploitation de mines d’uranium d’AREVA, se situent à moins de 6 kilomètres des villes précitées, alors qu’une norme européenne fixe à 80 kilomètres la distance minimale à respecter pour l’implantation de ce type d’activité industrielle à proximité d’une agglomération. Afin d’éviter les contamination par inhalation et par utilisation des eaux usées. Encore deux poids et deux mesures…
Bien entendu, AREVA dément toutes ces informations ; l’Union Carbide Corporation avait fait de même à Bhopal…
Alors quoi ! Eléphants de tous pays, unissez-vous !
Pomme Planète 4
par stephane dans Archives Pomme Planète
Billet humeur & environnement
Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr
03/01/06
Le Pic de Hubbert pétrolier peut-t-il aider à réduire l’effet de serre ?
Savez-vous que les tomates et les navets sont devenus de véritables globe-trotteurs ? Ils parcourent l’Europe de long en large avant de revenir, « plein d’usage et raison », trôner sur les étals de nos super et hyper-commerçants. Quel est le sens de tout ça ? D’aucuns l’appellent « folie des transports » ; ce n’est, en fait, qu’un des maillons de la chaîne consumériste…
Mais tant qu’on a l’énergie, pourquoi s’en priver ! Pour l’instant ne résonne, partout dans le monde, que l’écho persistant d’un râle barbare et suicidaire : consommer, consommer, consommer…
Viendra tout de même un jour où le « Pic de Hubbert » pétrolier ne sera plus sujet de discussion polémique, mais objet d’inquiétude planétaire.
Une chance nous est offerte de changer de logique. Et ce, par la concomitance de deux phénomènes majeurs : effet de serre et fin du pétrole. Economie et environnement vont enfin devoir composer. Reste à savoir sous quelles modalités et avec quelles options sociétales.
Dans le marasme de la pensée unique, il n’est qu’un paradigme alternatif au néolibéralisme : l’écologie. Quand elle aura « tout d’une grande » et se sera émancipée de ses accointances politicardes. Mais oui, enfin (ou diantre) ! L’écologie ne devrait pas être un patch anti-effet de serre ou anti-pollution, elle devrait être une nouvelle frontière ; un courant culturel, politique et social à part entière.
Mais admettons-le, économie d’énergie et environnement arrivent enfin au centre des préoccupations.
Est-ce pour de bien du gulf stream, tapis roulant de nos climats, qui menace de s’arrêter ? Pour le bonheur des inuïtes chassés de leur espace vital par la fonte des glaces polaires ? Pour la préservation des espèces animales et végétales de cette même zone ? Pour la survie des populations sahéliennes assoiffées et affamées ? Rien de tout cela, maîtriser l’énergie devient tout simplement un problème économique : continuer, malgré tout, à consommer à outrance.
Mais qu’importe, se dit-on, si cela sert la cause environnementale…
Ce ne sera pas forcément le cas, loin s’en faut. Surtout si on laisse la main à nos GEO (Gentils Energéticiens mOndiaux, les EDF-Total-Shell-et tutti quanti). A coup de communication et de spots publicitaires, ils nous abreuvent de bons principes renouvelables et durables. Mais sur le fond, une seule chose compte : continuer à consommer, consommer, consommer.
Et c’est là que le bât blesse. Tout le monde suit le même chemin. Plus de pétrole, mais on va garder nos grosses bagnoles et rouler « propre » (vraiment propre ?) à coup de plein de « bio » carburant, d’hydrogène et même de carburant-métal ! En oubliant que bio-carburant est synonyme d’engrais et pesticides supplémentaires sur nos terres exhangues, asphyxiées par 50 ans d’agriculture productiviste et polluante. En oubliant aussi que l’hydrogène et l’aluminium (carburant-métal) se produisent à grosses lampées d’électricité nucléaire.
Cerise sur le gâteau (tourteau ?), certains veulent brûler des céréales pour se chauffer. Oui ! Brûler du blé quand 12% de la population mondiale n’a pas de quoi assurer sa stricte subsistance !
Mais quel est ce brouillard qui soudain nous environne ?