Archive mai, 2009
par stephane dans Archives Pomme Planète
Billet humeur & environnement
Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr
03/05/05
Hausse du prix du gaz, demande énergétique croissante, effet de serre…
Le gouvernement l’a annoncé la semaine dernière, le gaz va augmenter d’au moins 7.5% en juillet. Hausse qui répercute la flambée des prix des produits pétroliers depuis plusieurs mois. GDF en a fait la demande à la Commission de régulation de l’énergie.
Parallèlement à cela, la demande énergétique mondiale explose. Prévisions : + 60% d’ici 2020. La croissance est tirée par les pays émergents d’Asie.
L’effet de serre planétaire et son augmentation sont maintenant des composantes validées scientifiquement et ne souffrant d’aucun débat majeur (cf. rapports du GIEC, Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, groupe d’experts mondiaux commandités pas l’ONU).
La part des énergies renouvelables régressera d’ici 2020, si rien n’est fait au niveau gouvernemental pour développer ces énergies propres.
La France semble s’être engagée dans une réponse : le nucléaire (cf. programme ITER, www.iter.gouv.fr)
Pour résumer : réduisons le réchauffement artificiel de la planète en la polluant. Mais les partisans de l’atome nous répondront que leur énergie est la plus propre, la plus rentable et la plus sûre.
La plus propre, certainement oui. Pour nous, mais pas pour nos enfants et nos petits enfants, qui devront gérer l’après-nucléaire et ses stocks de matière radioactive.
La plus rentable, oui encore ! Mais pour nous seulement, puisque le coût de démantèlement des centrales en fin de vie n’est pas comptabilisé…
La plus sûre, mais oui ! Il faudrait aller poser cette question aux rescapés de Kiev (Tchernobyl, 19 ans déjà).
Les ours polaires n’ont qu’à bien se tenir…
par stephane dans Archives Pomme Planète
Billet humeur & environnement
Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr
10/06/05
Journée mondiale des océans et séquestration du CO²
Ce CO² qui s’échappe de nos usines et de nos centrales thermiques, pourquoi ne pas le capturer, le stocker ? Le cacher…
Impensable ? Pas autant que cela pourrait le paraître. La séquestration du CO² est sujet de recherche appliquée depuis la fin des années 70. Les techniques de capture existent, celles de stockage aussi. Certains mauvais esprits (dont je suis, évidemment) diront que les premières consomment de l’énergie à outrance, et que les deuxièmes sont à hauts risques environnementaux.
Mais qu’importe ! L’IEA (International Energy Agency) et la Communauté européenne y vont chacune de leur programme : Greenhouse Gas pour l’une, Castor pour l’autre.
Il existe pourtant d’autres voies pour limiter l’effet de serre : maîtrise de l’énergie ; production d’énergie à moindre émission de CO² (EnR et - soyons honnête - nucléaire, mais l’on sait, pour cette dernière technique, le prix de la facture pour les générations futures).
Mais revenons au ” Castor ” dans sa ” Greenhouse “…
Il faut se le tenir pour dit : on nous propose de continuer à consommer comme des brutes et de stocker nos déchets carboniques là où nous pourrons les contenir. Comme un enfant dissimulerait ses bêtises. En clair : réduisons l’effet de serre en créant des poches sub-océaniques de CO² liquide et des réservoirs géologiques de la taille du lac Léman. Ils contiendront, paraît-il, le CO² pour des siècles…
Ecosystèmes sous-marins asphyxiés ? Pertes d’étanchéité des réservoirs et fuites éventuelles de gaz carbonique hyper-concentré ? En un mot, impact environnemental désastreux ? Quelques détails à gérer, sans doute. Comme nous gérerons les déchets nucléaires… Plus tard, les mêmes tenteront de désamorcer ces bombes à retardement.
Là encore ce sont les Etats-Unis, avec leurs 20 tonnes de CO² par an et par habitant (1.5 tonnes pour un indien), qui nous dictent leur ” way of life “. Croissance à outrance, consommation sans conscience. La rivière inonde le village ? Peu importe !
Construisons une digue plus haute plutôt que de déplacer le village. Et attendons la prochaine crue… Nez dans le guidon et ras-la-gueule à n’en avoir que faire de la suite. Après nous, la bombe à CO², ça vaut bien l’irradiation ou les mutations nucléaires.
Mais le 8 juin, c’était la Journée Mondiale des Océans, la JMJ des baleines, du plancton et de l’eau salée non carbonatée…
par stephane dans Archives Pomme Planète
Billet humeur & environnement
Stéphane Labarrière - stephanelabarriere@yahoo.fr
31/07/05
Enfin un partage équitable du nucléaire ! L’énergie pour l’Europe , la radioactivité pour l’Afrique.
On se souvient de cette fameuse scène de ” Mélodie en sous-sol ” où Gabin et le ” môme ” Delon assistent impuissants, au fiasco de leur association de malfaiteurs. C’est le dénouement tragi-comique d’un hold-up réussi jusque-là. Jusqu’à la descente de police au bord de la piscine du célèbre hôtel ; jusqu’à l’inéluctable et régulière remontée des billets de banque s’échappant des sacs. Des sacs que le ” môme ” Delon avait cru bon de plonger au fond du bassin avant l’arrivée des flics.
Tous deux assis sur la terrasse, face au bassin, Gabin d’un côté, Delon de l’autre, un mélange de dépit et de rage contenue se devine derrière les verres fumés de leurs lunettes noires. Mais pas de solution. Ils restent stoïques devant le spectacle de leur larcin s’accumulant et flottant mollement sur l’eau chlorée. Tant de rêves en fumée !
En Somalie, on ne rêve pas, ou bien si l’on rêve, il s’agit d’un cauchemar. Un cauchemar qui émerge à la surface de l’eau, sur les côtes de l’océan indien fraîchement tsunamisé. Et l’eau est loin d’être chlorée…
Des conteneurs entiers chargés de déchets radioactifs avaient été stockés là, tout au fond, bien planqués, bien illégalement, par les belles entreprises nucléaires de nos belles nations européennes. On avait profité du désordre des guérillas des années 80 et 90 pour faire nos sales besognes. Pas d’autorité légitime et organisée donc pas de contrôle, la belle occase !
Le bon business ? Il faut préciser qu’une tonne de déchets radioactifs ainsi ” traitée ” - mais peut-on vraiment parler de traitement ? - coûte 100 fois moins cher qu’un stockage à La Hague… Pas de petites économies dans le nucléaire.
Sans le Tsunami, rien n’aurait transparu. Mais les courants marins et les vents ont décidé de tout mettre au grand jour. Les conteneurs flottent, maintenant, mollement, eux aussi, dans un état d’usure avancée, à quelques brasses des côtes.
Dommage, vraiment dommage, pour les populations locales : problèmes pulmonaires graves, infections de la peau.
Dommage, vraiment dommage, pour la faune aquatique : poissons aveugles, tortues folles, etc…
Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a décidé de mener une enquête approfondie : cf.http://www.unep.org/tsunami/reports/TSUNAMI_report_complete.pdf). Je suis certain que les somaliens sont enchantés et soulagés…
Au Niger, non plus, on ne rêve pas. Autre cauchemar, avec AREVA (FRAMATOME, pour les intimes) comme personnage principal. La firme est accusée, par deux associations françaises (Sherpa et CRII-Rad, Commission de recherche indépendante sur la radioactivité), de contaminer la population locale.
L’eau a été analysée ; elle présente des taux de radioactivité supérieurs aux normes de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Les critères de potabilité ne sont pas respectés sur les villes d’Arlit et Akokan. La Somaïr et la Cominak, les deux filiales d’exploitation de mines d’uranium d’AREVA, se situent à moins de 6 kilomètres des villes précitées, alors qu’une norme européenne fixe à 80 kilomètres la distance minimale à respecter pour l’implantation de ce type d’activité industrielle à proximité d’une agglomération. Afin d’éviter les contamination par inhalation et par utilisation des eaux usées. Encore deux poids et deux mesures…
Bien entendu, AREVA dément toutes ces informations ; l’Union Carbide Corporation avait fait de même à Bhopal…
Alors quoi ! Eléphants de tous pays, unissez-vous !